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  • Alexandra Gsp

Accident & Résilience - Voyage



On ne peut pas être heureux tout le temps, c’est une histoire d’acceptation de ce qui est.


Chaque expérience est un enrichissement qui fait évoluer notre âme vers plus de sagesse...


J’ai pas osé en parler parce que j’avais peur. Peur d’inquiéter ma mère. Peur de lui faire mal. Peur d’en rajouter une couche.


La vérité, c’est que j’ai souvent été l’enfant qui inquiète avec mon attitude « sauvage ».


On attire ce que l’on vibre… je dois vibrer le goût du risque.


Ca passe ou ça casse… Parfois ça casse…


J’ai choisi de vivre selon mes règles et de tenir tête à l’injustice. Je suis typiquement le genre de personne qui l’ouvre quand « il faut » se taire.


Forcément, ça ferme des portes… pour en ouvrir de plus authentiques.


Je l’ouvre car je ne tolère pas les humains qui utilisent leurs « petits pouvoirs » en se basant sur des règles qui, selon moi n’ont pas de sens.


Un beau combiné de porte parole et d’envie de « bousculer » la société avec des idées novatrices.

Je suis probablement l’une des représentantes de la vague « New Age » s’il fallait me mettre une étiquette.


J’ouvre ma voix car je ne supporte pas que l’on me dise de me taire.


Chaque humain devrait avoir le droit d’exprimer son avis sans avoir peur de la réaction des autres (tant que ce n’est pas agressif).


Je déteste plus que tout recevoir de l’agressivité, ça me renvoie trop à ma propre colère.


Notre différence fait notre richesse. J’aime les débats houleux et les discutions animées avec passion. Je suis heureuse comme ça.


Lâcher prise c’est tout un process pour les âmes comme moi : « les grandes sensibles justicières abimées par la vie. »


Concrètement, le texte qui va suivre a un objectif très simple : me libérer de cette histoire d’accident/prison/rapatriement/culpabilité « une bonne fois pour toute ».


Je laisse aussi le temps faire les choses maintenant.


J’ai tendance à partir dans tous les sens quand j’écris (et quand je parle) alors je vais essayer de rester FOCUS.



Mettre des mots permet de guérir, j’ai décidé de raconter des brides de cette histoire pour transcender.


Mon côté indomptable m’a souvent causé des problèmes. Je suis plus modérée qu’avant, même si cette « sainte colère » m’habite toujours.


Pour ma mère, mon attitude "rebelle" a toujours été une source de stress, ça m’a valu de bonnes heures de colles, des contrats de discipline puis forcément être virée de mon école.


Je vous donne un exemple du style de réaction que je peux avoir quand je suis en colère :


Lorsque nous avons passés 6 mois confinés en Inde ( avec Ben), nous ne pouvions pas sortir de chez nous du tout.


Tout s’est fermé du jour au lendemain. Nous n’avions d’accès ni à l’eau, ni à la nourriture. Nous devions aller dans la « jungle » en cachette pour aller chercher de quoi boire.


J’ai trouvé ça absurde, j’ai eu peur et j’avais du mal à accepter que la peur d’être contaminé passe avant nos besoins primaires.


Quand les shops alimentaires ont « ré-ouverts » après une semaine de galère, il y avait une queue pour les « blancs occidentaux » et une « queue pour les indiens ».


« Les occidentaux sont ceux qui ont ramenés le covid », de ce fait, on ne pouvait pas nous mélanger avec les autres.


J’étais en colère de vivre toute cette situation, de devoir annuler notre trip en Inde et au Népal.


Aussi, je me suis mise à la place de tous ces gens qui subissent du racisme à cause de leur couleur de peau. C’est affreux de ce sentir comme une « paria », d’être rejetée de la sorte. Grosse blessure d’injustice.


Bref, tout ça pour dire que ce premier confinement a été rude à plusieurs niveaux.


Je vous passe d’autres détails.


Je voulais aller sur la plage car il faisait trop chaud (et que clairement…la plage était vide) mais toute seule en Inde, ça peut être dangereux.


Du coup, je dépendais de mon mec pour ma sécurité… tendu pour moi.


Les policiers guettaient chaque recoin de rue munis de leurs « bambou stick » et nous menaçaient si l’on mettait le nez dehors.


On attendait le soir pour sortir, c’était pesant sous 40°


Marchant sur la plage avec Ben sous les étoiles, plusieurs hommes arrivent vers nous et nous crient un beau « GO HOME » hyper agressif.


A ce moment là, je n’ai pas réfléchi et j’ai répondu en hurlant « BE CARRREEEFUUUULL I am dangerous, I have the coronavirus ».


Pas très malin…ça aurait pu mal tourné. J’étais à bout. J'ai toujours mon "bitch button" jamais loin.


« Mais vous êtes qui ? » Vous êtes qui pour me dire de rentrer chez moi alors que la plage est déserte, que je ne dérange personne ? Pourquoi vous me balancez votre colère en plein visage ? Il n’y a personne sur cette plage à des km à la ronde.


Des humains remplis de peur…


La peur, c’est ce qui nous amène à avoir les pires réactions. La seule chose que l’on peut faire ici : pardonner notre humanité IMPARFAITE. J’ai pardonné la mienne et la leur.


Tout ça pour dire que… ma mère a eu vent de cette histoire. Cette histoire qui s’est rajoutée aux milliers d’autres histoires depuis que je voyage.


Ces petites histoires accumulées qui lui provoque des angoisses quand je pars.


Entre l’Australie où je me suis cassée le pied, mangé des spaces cookies à mon insu, perdu mes bagages, loupé mes avions, eu mes cheveux qui ont pris feu, vécu dans un camp de réfugié, planté ma voiture.


Bref, j’en passe… je n’avais pas envie d’en rajouté une couche.


Long story short… je suis rentrée du Mexique depuis un mois et j’ai le cœur lourd parfois.


Pour remettre les choses dans leur contexte, je suis partie au Mexique car j’étais contre cette histoire de pass sanitaire. J’étais contre le fait que l’on me force si rapidement.


Je n’écris pas ces lignes pour débattre à ce sujet, simplement pour vous expliquer pourquoi je suis partie.


Je n’ai pas voulu retourner dans les salles de yoga sous ces conditions. Ca m’a brisé le cœur mais c’était au delà de mes limites.


J’ai co-organisé pendant deux ans le festival d’éveil des consciences Moon Spell Retreat.


Nous avons dû annuler la première année, puis nous avons décidé de le faire quand même en 2021.


Cela nous a mis dans un état de stress monstrueux. Tu as beau méditer, tu restes humain, on a toutes et tous des moments up and down dans la vie.


C’est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles nous nous sommes séparés le lendemain du festival.


C’était super triste. On avait attendu, rêvé ce moment si longtemps… sans imaginer que c’était en parti ce projet qui tenait notre couple.


Puis moi…je suis une grande romantique, une passionnée, une amoureuse de l’amour.


Je pensais avoir trouvé « mon prince » pour toute la vie. Merci Disney…J’ai eu le cœur brisé.


BTW, j’y crois encore et j’aime y croire. Pour info : mon nouveau ROI est en chemin apparemment, il recharge ses batteries avant de voir la tornade Alex arriver #bonchancefrerot.


Alors, il y avait cette histoire de pass, ma rupture et un gros ras le bol.


Une sorte de burn-out m’a conduite jusque Tulum ( y’a pire, je sais).


En arrivant, je me faite une entorse du pied. Jusque là tout va bien, j’ai l’habitude maintenant… mais flemme sérieux…


Puis, de belles choses arrivent… comme d’habitude : après la tempête, le beau temps et je suis pleine de gratitude.


On commence à lancer notre projet « Ordinary to Mystical » et je découvre un nouveau pays, retrouve de la liberté…


Je suis quand même fatiguée de recommencer ENCORE à zéro dans un nouvel endroit.


C’est la première fois que je pars voyager sans que ça soit vraiment un élan du cœur.


J’ai eu le sentiment de prendre la fuite… c’était un peu ça.


Rendre notre appartement où tant de belles cérémonies avaient eu lieu, cours de yoga, cercles de partage… musique.... Bye bye mon « Moon Spell Dream »… c’était trash, snif.


Une autre de mes amies, une sœur, me rejoint au Mexique et la vie commence à être vraiment douce au bord des Caraïbes.


Cette amie était aussi confinée en Inde avec moi, on a les mêmes idées face à la situation mondiale, nous n’avions pas beaucoup d’endroits pour nous retrouver.


Alors on se retrouve au Mexique, sans nos mecs cette fois en mode sororité.


Nous avons toutes les deux un point commun majeur : On est convaincu de notre pouvoir de manifestation. On est convaincu que de vibrer en harmonie avec la loi de l’attraction et autres lois de l’univers nous permet de vivre la vie de nos rêves.


Nos vies en sont la preuve. Passage en 5D imminent… ;)


On se lance dans l’organisation d’ateliers et séjours de yoga, méditation, autour du thème : « Manifeste tes rêves ».


Comme pour les cercles de lune que j’organise, j’ai envie de partager ces outils incroyables qui transforment mon quotidien en quelque chose de MAGIQUE.


J’ai en même embauchée une community manager pour m’aider à mettre de l’ordre dans mes projets. Sur le papier tout est chouette, petit à petit, ça va mieux.


C’est mon année pour matérialiser de nouveaux rêves…


Bref, pourquoi j’écris ça ? Car depuis que je suis rentrée je pensais avoir mis cette histoire de côté mais ça m’obsède un peu…


Le 8 mars dernier, je n’étais pas au top. Comme depuis deux ans à cette date : c’est pas la forme.


Ce n’est pas la forme, car l’anniversaire de mon frère approche et c’est une nouvelle année ou je ne pourrai pas lui souhaiter. C’est difficile, sa disparition soudaine à entraîné pas mal de répercussions dans ma famille.


Il a eu un accident de vélo, ce qui, j’avoue m’a provoqué une angoisse de conduire un scoot au Mexique. Je ne peux pas me permettre d’avoir un accident...ni de mourir EN GROS.


Ok… j’ai besoin d’évacuer les souvenirs de ce que je vais vous raconter maintenant.


C’est la première fois que j’en parle ouvertement.


Avec cette même amie, nous décidons d’aller travailler à la plage. Je monte derrière elle en scooter. On arrive sur la grande route, sous le soleil, tout est parfait.


Parfait, jusqu'à ce que l’on observe devant nous un autre véhicule qui vient nous couper la route. J’ai les larmes aux yeux et la boule au ventre d’écrire cette histoire.


Il faut pourtant que je le fasse car je sais que ça va me libérer. J’ai trop fait l’autruche en mode « ça n’a pas existé ».


Ni une, ni deux : LE VIOLENT CRASH : on vole littéralement du scooter.


Je me relève rapidement choquée et déboussolée. Je vois ma pote « morte » sur le sol.


C’est ce que j’ai crus pendant quelques minutes…Je me suis glissée près d’elle comme une enfant parlerait à sa mère dans un mauvais film d’horreur.


« Réveille toi, qu’est ce que tu fais ? » Je touchais son dos pour lui dire « pas drôle la blague ». Allo ?


Son visage est contre le bitume, en sang.


Plusieurs hommes s’approchent de nous, retourne mon amie qui se met alors à hurler de toutes ses forces.


Des hommes l’a porte pour la mettre sur le côté, car c’est un endroit avec beaucoup de trafic.


A ce moment là, on se rend compte que mon amie a perdu la mémoire.


Elle ne se souvient de rien, ni de son prénom, ni de sa présence au Mexique – Rien.


Je suis en état de choc et je me mets moi même à hurler.


« Non, pas encore, je ne vais pas encore perdre un proche de cette façon ».


Mon cerveau a vrillé et a fait les pires rapprochements.


Rien à voir… mais… - au même moment, un type s’approche de moi, prétendant être chaman, il retire son t-shirt plein de sueur et le met sur le visage de ma pote.


WTF… il veut me prendre les clefs du scoot. Bref, trop bizarre., toujours plus. Quelqu’un vient m’aider pour me débarrasser de lui -


La légende raconte qu’il a été retrouvé après coup… cuisson avec sa bière sur un rochet au bord de l’eau. Chaman de ouf…c’est pas une blague.


Cette histoire est une succession d’événements « What the fuck ». Un scénariste n’aurait pas mieux fait.


L’ambulance arrive, ils mettent mon amie sur un brancard et ne veulent pas que je monte avec elle car "je suis trop en état de choc". Il faut que je me calme.


On fini finalement par partir, elle est à l’arrière de l’ambulance. Je suis devant et je ne fais que trembler.


« Ne meurs pas, ne meurs pas ».


On arrive dans un premier hôpital, sauf que l’on ne peut pas avancer 4000 dollars pour les soins. Je ne sais pas quoi faire, mes réflexes sont à l’envers. Je suis encore plus illogique que d'habitude.


Forcément… on ne peut pas appeler l’assurance en France avec un numéro Mexicain.


Je ne comprends pas pourquoi les assurances voyages ne sont pas joignables via WhatsAPP… bref


On est transférées dans un autre hôpital à 1 heure d’ici. En arrivant, ils mettent bien 1h30 à la prendre en charge. Son bras semble cassé.


Son visage est bleu, je lui répète en boucle les mêmes histoires qu’elle oublie instantanément. Elle revit des traumas passés en même temps, je dois lui raconter les mêmes passages de sa vie à chaque fois.


On ne fait que pleurer à deux. Je dois rester forte.


Je ne parle pas un mot d’espagnol et ne comprend pas ce que l’on fait toujours dans le couloir.


L’homme avec qui nous avons eu l’accident a été embarqué par les policiers avec nos scoots (évidemment, les policiers ont volés nos scoots). On m’a envoyé quelqu’un pour m’aider et avancer les frais de soins. Des heures passes…


Il y a une petite chapelle en face de l'hôpital, je m’assoie devant et je prie pendant des heures. « Ne me retirer pas mon amie » ; « Sauvez là ».


Avant qu’elle suive les médecins, on se promet une chose : « On ne prévient personne pour ne pas inquiéter nos mères ». On gère.


Une autre amie arrive à l’hôpital pour m’aider, ça fait un bien fou.


Vers minuit, l’hôpital me fait signer un papier pour faire sortir ma pote de l’hôpital.


Je ne comprends pas trop pourquoi ils l’a laisse sortir dans cet état. Elle ne tient pas debout.


On est épuisées, je veux la sortir de cet endroit glauque quitte à appeler un médecin en rentrant à la maison.


Mon amie n’est visiblement pas en mesure de faire un pas devant l’autre sans faire un malaise.


Bonne nouvelle… apparemment, les policiers sont venus nous chercher pour nous ramener chez nous. Trop sympa…


Trop sympa et moi je suis trop naïve...


En fait, ils veulent juste nous emmener au poste pour nous faire signer « je ne sais quel document ».


Il n’en est pas question, on est épuisées, ça fait presque 11 heures que l’accident a eu lieu, on a besoin de repos. Un premier policier tire le bras de mon amie pour nous mettre de force dans la voiture. Ils sont violents, ils lui font mal.


Ni une, ni deux, on se retrouve embarquées de force. C’est la nuit, ça fait peur, on ne sait pas ou on va.


Crise de panique de ma sœur qui ne cesse d’hurler – Etat de choc, normal.


Les policiers roulent plus vite pour nous faire peur, ils se moquent de nous, jouent avec nos nerfs. A ce moment là, nous sommes de simples objets.


J’ai tellement peur, j’ai la rage, j’ai envie de les voir tous disparaître. J’ai envie de les frapper, de les tuer.


I know… je suis « prof de yoga » et j’ai des envies profondes de meurtre à ce moment. Voir mon amie comme ça est insupportable.


C’est insupportable car je me dis que c’est de ma faute, je culpabilise. C’est moi qui lui ai dit de venir à Tulum, c’est moi qui lui conseille d’acheter un scooter alors que ça lui faisait peur de base… bref.


On arrive dans un premier endroit et de nouveau, ils nous forcent à descendre.


On ne veut pas sortir car on ne sait pas ce qu’il va se passer. Il y a des femmes policières qui sont là. Je l’ai regarde en larme « aidez nous » ces hommes sont des brutes. Aucune réaction…


Il traine mon amie dehors, elle tombe dans les pommes, il l’a force à marcher, c’est inhumain. Il y a une énorme marche d’escalier à monter, elle n’y arrive pas, sa tête est posée sur l’épaule du policier, il l’a traîne. Le policier agit comme un robot.


Ecrire cette histoire me donne la nausée, je revis la scène, sens les odeurs, ressens la peur dans mon ventre, dans mes tripes. Voir mon amie comme ça me crève le cœur, je suis impuissante.


Les policiers nous remettent dans la voiture ( de force encore ET encore ). Comme nous ne voulons pas signer de papiers, ils nous emmènent dans à un autre endroit.


J’ai « la présence d’esprit » d’envoyer ma localisation à celui avec qui nous avons eu l’accident. Il me dit qu’il arrive. Ouf…


On arrive dans cet autre établissement policier, je me sens rassurée car il est là.


Les policiers assoient mon amie sur une chaise. Il lui dise qu’elle va aller dans une pièce « au fond » pour signer des papiers. On ne comprend rien à cette histoire de papier, c’est juste un prétexte pour l’enfermer depuis le début.


Je perds le contrôle : « laissez nous rentrer, on revient demain si vous voulez mais là nous sommes en état de choc. »


Quand j’écris ce texte, je me dis : « Mais pourquoi j’ai pas fait ça ? Pourquoi je n’ai pas appelé nos familles ? Pourquoi je me suis énervée ? Pourquoi on n’a pas signé ces putains de papiers ? ».


Plein de pourquoi dont la seule réponse est : « J’étais fatiguée, effrayée et je n’étais pas en pleine possession de mes moyens. »


Dans tous les cas, j’étais face à des gens qui avait le regard vide, plein de haine.


« You are going to jail »

« Tu vas en prison »


C’est ce qu’ils disent à mon amie.


De nouveau, je vrille, ils me mettent les menottes, me jettent dehors et embarque mon amie.


Ok, il est peut-être 2 heures du matin, je suis dehors avec « celui avec qui on a eu l’accident ». Heureusement, ce mec assure, il ne me lâche pas et restera jusqu’au bout.


J’ai des amis mexicains qui arrivent. Au même moment, arrivent des avocats qui sortent de nul part.


« Je veux appeler le consulat »


Ils me disent « qu’ici au Mexique, quand on appel le consulat, c’est pire ».


Je ne comprends rien à ce qu’il se passe. La seule chose que je sais, c’est que je veux la faire sortir au plus vite.


On s’est promis de nouveau avec mon amie de ne pas appeler nos familles quand on été dans la voiture. Elle n’avait pas toute sa tête, mais je sais que c’était une évidence pour nous deux.


On voyage toutes les deux depuis longtemps. C’est difficile pour nos mères d’avoir des filles qui parcourent le monde. On le sait, il y a le manque, le danger… Si on leur dit ce qu’il se passe, elles seront angoissées à chaque nouveau départ. Tu es obligée de garder des secrets.


Une chose est sûre « We are the child of the universe » et le monde est notre maison.


On voyagera toujours, c’est limite notre besoin primaire. Ce genre d’expérience fait parti de la vie de voyageuse.


Bref, ces avocats partent, je comprends rien.


On me dit de rentrer chez moi et que mon amie ressortira demain matin à 8H.


Il est 4 heures du matin, je rentre chez nous avec « celui avec qui on a eu l’accident ».


Demain matin, on sera là à 8h.


Impossible de fermer l’œil, j’angoisse, j’ai peur qu’elle meurt pendant la nuit, j’ai peur qu’elle se fasse violer. J’ai peur de ne jamais la revoir.


A 7h30, on est devant ce lieu glauque. C’est fermé.


On hurle devant les fenêtres pour que mon amie nous entende. Qu’elle sache que l’on ne l’a pas laissé tombée.


Ils ouvrent à 9 heures, je prends en photo TOUSSS les gens qui passent.


La malade… limite j’ai les yeux qui sortent des orbites et de la fumée rouge qui brûle des oreilles.


Lorsque l’on rentre dans un premier bureau, ils me disent qu’elle ne peut pas sortir tout de suite. Milles mercis, un ami est arrivé pour m’aider, infinie gratitude…


On demande à aller la voir. On avance vers la cellule avec nos bouts de melons, des gâteaux, notre eau et ses médicaments.


Ils l’ont mise dans une putain de cage. Dans une putain de pièce dans le noir, dans une putain de pièce qui pu la merde car il y des chiens qui ont fait leurs besoins partout.


Elle est restée dedans cette nuit, sans pouvoir aller aux toilettes, sans couverture.


Elle est assise sur un vieux banc en béton. Trop triste.


Bref, tout ça pour dire qu’à 15h après avoir appelé presque tout le Mexique pour nous aider, après qu’elle soit interrogée comme une criminelle, on arrive à la faire ressortir.


C’était pénible, long et douloureux, mais « plus de peur que de mal ».


Une semaine après l’accident, elle ne dort toujours pas et enchaîne des nuits de cauchemars. Evidemment, on fini par appeler sa famille pour la faire rapatrier.


Je l’ai revu la semaine dernière à Paris après des mois…


Quel soulagement, il y a des séquelles c’est sûre. Le seul truc, c’est que je réalise seulement MAINTENANT.


Elle a fait de l’EMDR, technique incroyable pour les traumas.


Maintenant, vous comprenez pourquoi, quand la formation KAP est arrivée sur ma route juste après, j’ai pris ça comme un CADEAU IMMENSE du ciel. Cette aventure KAP est l’une des plus belles expériences de ma vie entière. J'ai prié le ciel pour de la douceur...J'ai été entendu.




Ca y est, j’ai vomi cette histoire, j’en ai parlé à ma mère hier d’où l’écriture aujourd’hui.


Je me sens mieux, on a réussit à transcender ces tests ultimes de l’univers : LA RESILENCE, LE PARDON, L’ACCEPTATION, LA TRANSFORMATION.


Il est temps de RALLUMER les étoiles pour mettre encore plus de lumière dans nos vies, dans nos cœurs.


Ce que je retiens : mon amie a fait une NDA quand elle était sur le sol, elle a revu des proches disparus, des anges et ça confirme aussi que nous sommes accompagnés par l’invisible dans ces moments là.


Depuis que je suis de retour à Lille, je suis hyper émotive de revoir ma famille, mes ami(es), je me rend compte à quel point avoir un ancrage dans un lieu est important pour moi. Je n’ai jamais été aussi heureuse de rentrer chez moi.


J’ai envie de me sentir en sécurité. En France, on a de la chance de ne pas vivre ce genre d’expérience.


Merci aux personnes qui nous ont aidé et cette solidarité qui s’est mise en place.


Merci la vie… Je t'aime ma soeur ce texte est pour toi aussi. Je ne peux plus te raconter ces détails, j'ai plus la force. On continue d'avancer ensemble.


Merci pour cette protection.


LOVE

GRACE

SURRENDER


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